Comment gagner en repartie grâce à l’improvisation théâtrale

Une des raisons de faire de l’improvisation théâtrale est de progresser en prise de parole et notamment de gagner en repartie. C’est à dire d’être capable de répondre du tac au tac dans toutes les situations.

On vous donne quelques conseils et exercices pratiques issus de l’impro pour muscler votre repartie ! Ces exercices se font normalement à plusieurs mais beaucoup peuvent être adaptés pour les réaliser seul.e.

  1. Association d’idées
    • On se met en cercle et on fixe un rythme collectif suffisamment lent (par exemple en claquant dans ses doigts).
    • Chacun son tour les joueurs donnent un mot associé au précédent (on peut associer sur le sens, la sonorité…).
    • Il faut assumer pleinement son mot, la repartie c’est aussi de la confiance en soi.
    • Exemple: « fourmi, « ouvrière, « usine », « machine », « à vapeur », « sauna », « sonar », « sous-marin », « d’eau douce »… Il est important de réagir au tout dernier mot entendu, pas à celui qui le précédait. Le but est de ne pas préparer son mot dans sa tête.
  2. Dissociation d’idées
    • Même exercice que précédemment mais cette fois on se force à dire un mot qui n’a aucun rapport avec le précédent. Plus dur qu’il n’y paraît !
  3. Réagir à ce que l’autre nous dit, se laisser impacter
    • Un principe en impro est de se laisser impacter parce ce que notre partenaire de jeu nous dit. Par exemple si notre partenaire nous dit « mon père est très malade ! » cela doit nous impacter. On ne va pas répondre « oh je suis sûr qu’il va s’en remettre ! ». Si on se laisse vraiment impacter il est plus naturel de répondre « je suis désolé de l’apprendre ! ».
    • Etre attentif à ce que provoquent en nous des paroles, notamment émotionnellement, est une bonne manière de répondre directement, adéquatement et donc d’avoir de la repartie.
  4. L’interview
    • La joueuse est face à une ou plusieurs personnes qui vont l’interviewer.
    • La joueuse peut être un personnage fictif qui a un métier ou une passion insolite (par exemple, elle est responsable des mauvaises blagues dans une grande entreprise). Elle peut aussi être un personnage historique. Ou même elle peut ignorer qui elle est, les interviewers l’ayant décidé par avance pour elle (elle peut alors essayer de le deviner).
    • Elle doit répondre de manière spontanée aux questions qui lui sont posées. Il est important qu’elle apparaisse aussi compétente que possible dans ses réponses.
  1. Faire des phrases nettes, qui se terminent par un point
    • Pour donner un effet de repartie il est important de faire des phrases nettes, qui ne se perdent pas dans des circonlocutions. Il faut proscire les « euh », les mots parasites. Il faut finir ses phrases (comme si à l’écrit on mettait un point), ne pas les laisser se perdre dans le vague.
  2. L’audioguide
    • Cet exercice se fait à deux. L’un des joueurs ne parle pas et déambule dans la pièce, comme s’il était dans un musée, un audioguide à la main et un casque sur les oreilles (fictifs bien sûr). L’autre joueur fait la voix de l’audioguide. Le joueur qui tient l’audioguide peut choisir d’appuyer sur les boutons de la commande (pour avancer dans la visite par exemple).
    • L’exercice pousse à l’inventivité verbale et à adopter un ton assuré et compétent (qui est le ton standard d’un audioguide).
  3. La plaidoirie
    • On demande à quelqu’un une action banale qu’il a réalisée dans la journée ou la semaine: par exemple « j’ai été au carwash pour nettoyer ma voiture ».
    • Deux joueuses vont se répartir le rôle de l’avocat de la défense et de l’accusation. Elles ont deux minutes chacune pour développer leurs arguments. Pour la défense: pourquoi la personne a eu raison d’aller nettoyer sa voiture; pour l’accusation: pourquoi elle a eu tort de le faire.
    • Cela amène à déployer ses arguments d’un ton aussi assuré que possible.
  4. Rebondir sur la dernière idée entendue
    • En impro on essaie au maximum de réagir à la dernière idée proposée par ses partenaires et non d’essayer d’imposer l’idée que l’on gardait en tête. Cela aide à développer la réactivité et la repartie.
  5. Travailler les rimes
    • Parler en rimes aide à développer l’agilité verbale. Ce n’est pas forcément facile mais c’est un très bon exercice.
  6. Avoir l’air compétent
    • En impro il y a un principe qui marche bien quand on joue un personnage, qui est d’avoir l’air compétent. Si on joue une chirurgienne, c’est un chirurgienne qui sait exactement ce qu’elle fait et qui va sauver son patient. Si on est capitaine de bateau on connaît son métier et le navire est entre de bonnes mains.
    • S’habituer à jouer la compétence permet de se mettre dans le bon état d’esprit pour avoir des répliques qui fusent dans la vie quotidienne.
  7. Inventer des philosophies de la vie et des métaphores
    • On choisit un mot au hasard, par exemple « café ».
    • Le but du jeu est d’inventer une philosphie de la vie qui commence par « Comme je le dis toujours le/la [mot choisi]… » et une métaphore/comparaison commençant par « Le/la [mot choisi] c’est comme… ».
    • Philosophie: « Comme je le dis toujours: trois tasses de café par jour c’est ce qu’il nous faut pour rester vif ».
    • Comparaison: « Le café c’est comme un requin, une fois qu’il vous mord il ne vous lâche plus ».
    • Ce ne sera pas forcément très profond ni très vrai mais ce n’est pas le but. Il ne faut pas prendre le temps de réfléchir mais dire ce qui nous vient, même si c’est absurde. Encore une fois le but est de travailler la repartie et la vivacité.
  8. Inspirer avant de parler
    • Prendre une inspiration avant de commencer à parler peut aider à avoir une parole nette et qui ne sera pas interrompue par la besoin de reprendre son souffle.
  9. Les érudits
    • En binôme, l’un des participants pose une question sérieuse, l’autre participant doit inventer une réponse absurde mais dite avec un aplomb total.
  10. Travailler son statut « haut »
    • En improvisation on oppose les personnage à statut « haut » et à statut « bas ». Un personnage à statut « haut » est un personnage qui domine la situation et les autres personnages: il a un débit de voix posé, il se tient droit, il ne butte pas sur les mots, il regarde les autres dans les yeux, il parle avec un volume sonore relativement fort (mais sans crier pour autant…)…
    • Souvent les personnages qui ont de la repartie sont associés à des personnages à statut « haut ».
    • Il ne faut pas confondre cette notion de statut avec la catégorie sociale: un roi peut avoir un statut « bas », un ouvrier un statut « haut ».
  11. La voix off publicitaire (reproduit de « Jeux et enjeux – La boîte à outils de l’improvisation théâtrale » de Mark Jane)
    • A la fin des publicités à la télé ou à la radio il y a souvent quelques lignes dites en voix off et extrêmement rapidement. Ces phrases décrivent souvent une promotion, donnent les mentions légales ou des recommandations médicales. Elles ne durent en général que quelques secondes, mais le comédien de voix off étant un professionnel elles sont parfaitement prononcées et articulées, sans hésitation ni confusion.
    • Dans chaque paire de joueurs, l’un proposera un produit à son ou sa partenaire. Dès que le produit est proposé son partenaire doit immédiatement improviser une phrase finale pour une publicité de ce produit. Il n’y a besoin que de deux ou trois phrases mais les comédiens doivent être aussi compétents que possible.
    • On doit parler vite tout en articulant clairement, en évitant toute hésitation et en éliminant les « heu » et les « hmm ».