Horaires et lieux
- Paris 3ème
- Mardi 19h30-21h30: cours tous niveaux
- Mercredi 19h30-21h30: cours tous niveaux
Tarifs
- 730€ / an
- Un cours hebdomadaire sauf vacances scolaires
- 3 spectacles dans l’année
Stages à venir
Carte et formulaire de contact
Kenza est une improvisatrice suisse qui a créé son cours d’impro à Paris. Elle s’appuie sur une équipe d’intervenant.e.s très expérimenté.e.s qui donnent le cours en alternance. Cela permet d’être exposé à plusieurs approches. Kenza elle est garante de la cohérence de la pédagogie. Le cours s’adresse à tous les niveaux, y compris les débutants. Les profs insistent sur la maîtrise des codes de la scène. C’est très important en impro et c’est très sécurisant pour une débutante. Mais ce n’est qu’une première étape et ensuite on peut « trouver son fun » comme dit Kenza, c’est à dire découvrir ce qui dans le jeu improvisé nous plaît le plus. Trois spectacles au minimum sont organisés chaque année pour chaque groupe.
On aime
- Trois intervenant.e.s qui alternent au cours de l’année, on découvre plusieurs pédagogies.
- Une école à taille humaine, cela permet de tenir compte des envies de chacun.e.
- L’accent mis pour contrer les stéréotypes de genre en impro.
Une pédagogie structurée, dans la diversité
Kenza est une improvisatrice suisse, mais cela ne l’a pas empêchée de créer des cours d’impro à Paris. C’est intéressant car l’improvisation théâtrale s’inscrit souvent dans un cadre francophone (le fameux match d’impro est né au Québec; il existe des compétitions d’impro francophones renommées (Coupe du monde d’improvisation, Mondial Impro)). Elle a commencé l’improvisation au sein de la Fédération d’improvisation genevoise. C’est un cliché, mais on associe la Suisse à une forme de rigueur. J’ai trouvé cette rigueur dans les cours. Cependant n’exagérons rien, tous les intervenants à l’exception de Kenza sont français et françaises. Son objectif est que les cours soient accessibles à toutes et tous et soient un endroit où les personnes se sentent à l’aise.
Voici comment s’organisent les cours. Il y a environ trente séances dans l’année (il n’y a pas cours pendant les vacances scolaires). Trois intervenant.e.s assurent les cours en alternance, avec des blocs de trois à quatre séances à chaque fois. Cela offre de la continuité sur les blocs tout en assurant de la diversité dans les approches pédagogiques. Tous sont très expérimentés aussi bien en tant que profs que sur scène. Le fait que la structure soit à taille humaine (deux ou trois cours réguliers selon les années) permet aux professeurs d’être réellement à l’écoute.

J’ai pu assister au cours que donnait Dorine, une des intervenantes, pour un groupes d’élèves débutants ou ayant une ou deux années d’expérience. Dorine a commencé par demander à chacun.e quel était son objectif pour la séance (par exemple mieux incarner son personnage, moins parler, oser prendre l’initiative…) Chacun avait un binôme chargé de faire attention pendant le cours à cet objectif et de lui dire en fin de cours s’il avait été atteint. Nous avons ensuite fait plusieurs exercices techniques: un exercice où les acteurs à tour de rôle donnent le focus / prennent le focus; un exercice où la parole est remplacée par un décompte partagé de 1 à 30 (parfait pour travailler les intentions et le partage de la parole)…
Je base le fonctionnement de l’école sur celui avec lequel j’ai eu la chance de grandir en impro, que les cours soient accessibles à tout le monde et soient un endroit où les personnes se sentent à l’aise. Le cadre est structuré mais chaque prof peut venir intervenir pleinement à sa manière.
Le cours d’essai est gratuit et il est possible de s’inscrire en cours d’année. Par ailleurs Kenza organise une ou deux masterclass par an sur des thèmes plus pointus (par exemple « impro rap », « chanson improvisée », « impro sans caucus »…). Il y a douze personnes maximum par cours ce qui est un nombre très raisonnable.
Maîtriser les codes de la scène et « trouver son fun »
Pour qu’on soit à l’aise et que l’entente soit bonne entre les élèves il est important de partager des codes communs. Kenza met beaucoup l’accent sur les codes de la scène qui doivent être maîtrisés à la fin de la première année: par exemple ne pas tourner le dos au public, maîtriser l’espace scénique… et évidemment tout ce qui concerne l’écoute des partenaires.
Une fois qu’une débutante a acquis les codes de la scène, la suite de la progression selon Kenza va être qu’elle « trouve son fun », en tant qu’individu et au sein du groupe. Kenza me parle de son propre parcours en impro. Quand elle a commencé l’impro elle était plutôt une punchlineuse (en gros une joueuse qui aime faire rire par ses répliques et se met souvent en avant) mais peu à peu elle a pris plaisir à jouer des personnages secondaires pour construire l’histoire.

Les spectacles sont importants dans les cours puisqu’il y en a au minimum trois organisés chaque année. En général ce sont des cabarets, c’est à dire des spectacles d’une heure à une heure quinze au cours desquels des impro courtes de 2 à 5 minutes se succèdent avec des thèmes et des catégories (le thème c’est le sujet de l’impro; la catégorie c’est la contrainte imposée aux joueurs, par exemple jouer la scène à la manière d’un film de science-fiction). Mais Kenza n’exclut pas de faire jouer d’autres formats de spectacles plus complexes dans les années à venir: par exemple des triptyques (spectacle d’une heure divisé en trois histoires distinctes). Par contre sur le sujet du long form (les histoires uniques de 20 minutes à une heure) Kenza est plus réservée car c’est un travail spécifique, exigeant, et il ne faut pas brûler les étapes dans un cours d’impro généraliste comme le sien.
A Paris je trouve que le monde de l’impro fourmille, quand je compare à la Suisse. En termes de public et d’élèves il y a un investissement que je trouve assez fou.
Parmi ses inspirations en impro Kenza me cite Keith Johnstone (un très fameux pédagogue), les comédiennes Odile Cantero (Les Eux) et Nina Cachelin (Alliance créative).
Casser les codes de genre
En impro la bienveillance, le respect de la diversité des joueurs et joueuses sont des principes très largement promus. Kenza encourage tout particulièrement les élèves à se défaire des clichés de genre. En impro, les clichés de genre se traduisent par exemple par le fait que les personnages ayant des professions prestigieuses ou d’autorité soient plus souvent joués par des garçons, ou encore que les joueurs garçons se mettent davantage en avant que les filles.
C’est intéressant de titiller tout cela: par exemple un joueur peut aussi bien dire « Voilà mon avocate » que « Voilà mon avocat » quand il appelle un co-équipier en support (en l’occurrence une co-équipière). Et même s’il dit « Voilà mon avocat », rien n’empêche une fille d’entrer sur scène pour jouer ce rôle.


