Cours d’aquarelle : guide complet pour maîtriser les techniques et progresser

L’aquarelle est une discipline de la peinture qui intimide parfois. On la juge plus difficile à maîtriser que l’acrylique ou la gouache par exemple. Il y a du vrai là-dedans mais cela ne veut pas dire que l’aquarelle soit inaccessible à la débutante en peinture. Non on peut tout à fait commencer par l’aquarelle, si on n’a jamais fait de peinture ou de dessin. En connaissant quelques techniques on peut obtenir de bons résultats et se faire plaisir.

Voici les compétences qu’on acquiert au début de l’apprentissage : diluer ses couleurs, les mélanger entre elles, apprendre à peindre sur papier mouillé et sur papier sec, éviter les déconvenues liées au séchage de la peinture ou à l’accumulation d’eau. Avec quelques bases et expérimentations on peut déjà réaliser des choses simples et jolies. Et ensuite, peindre des détails, des sujets réalistes, gérer le blanc du papier, tout cela sera évidemment plus long et vous demandera d’être accompagné.e par un ou une prof, par exemple un de ceux référencés sur Haut Les Cours.

Points clés à retenir

  • La qualité du matériel est importante : couleurs, pinceaux, papier. Entre 80 et 100 euros sans doute pour débuter.
  • En aquarelle la dilution de la peinture est primordiale : des jus clairs aux textures crémeuses.
  • Privilégiez peu de couleurs dans votre palette dont vous maîtriserez les mélanges.
  • Mouillé sur sec, mouillé sur mouillé, apprenez ces techniques et surtout comment gérer l’eau et son séchage sur la feuille pour éviter les effets type auréoles.
  • Ne recherchez pas le figuratif au début : des exercices simples et méditatifs sont la clé pour progresser.

Bien débuter l’aquarelle : le matériel indispensable pour se lancer

Papier, pinceaux et pigments : comment choisir sans se ruiner ?

La qualité du matériel est importante en aquarelle. Ce n’est pas comme en dessin ou en peinture acrylique où l’on peut débuter avec à peu près n’importe quelle gamme de matériel. En aquarelle le plaisir que vous prendrez et les résultats dépendront davantage du choix du matériel. Mais évidemment l’idée n’est pas de dépenser plus que nécessaire. J’ai repris la liste de matériel conseillé pour leurs stages par deux professeurs de D’un atelier à l’autre à Paris, Michel Perot et Olivier Figueroa.

Le papier

Le papier aquarelle recommandé est un papier 100% coton à 300g/m² minimum. Un format A4 (ou format le plus proche) suffit. On n’est pas en dessin où l’on recherche le A3, voire plus grand avec le format « raisin » (le A4 vous coûtera moins cher). Les marques qui reviennent sont Arches, Fabriano, Sennelier, Winsor & Newton, Saunders Waterford… En revanche les professeurs semblent déconseiller les papiers Canson, Clairefontaine, Fontaine, Rougier & Plé… Comptez quand même 45€ à 50€ pour 20 feuilles de Fabriano ou Arches ! On le voit, en aquarelle on peut hésiter à commencer une peinture juste parce qu’on ne veut pas gâcher une coûteuse feuille !

La peinture

En aquarelle on peut utiliser la peinture, soit conditionnée en tubes, soit conditionnée dans des petits godets de peinture solide placés dans une boîte. Pour les débutants c’est cette seconde option qui est privilégiée. La boîte et ses godets vous donneront accès à de nombreuses couleurs pour moins cher que si vous achetiez un tube par couleur. La boîte est aussi plus pratique à transporter que les tubes. La plupart du temps les boîtes contiennent ce qu’on appelle des demi-godets (le demi-godet plutôt que le godet est la taille de l’unité de quantité de peinture standard).

Note : Vous pouvez débuter par une boîte de 12 ou 14 couleurs. Voici quelles couleurs peuvent servir de base : Bleu outremer français / Bleu de céruleum / Bleu phtalo / Terre de Sienne naturelle / Terre de Sienne brûlée / Jaune primaire / Jaune indien / Rouge sans cadmium / Rouge Quiniacridone / Verre émeraude / Vert clair chromé / Gris de Payne.

On peut citer la marque Winsor & Newton Cotman : une boîte de 12 1/2 godets vous reviendra sans doute de 35 à 45€ (faites quand même attention à la qualité et à la solidité de la boîte). Plus haut-de-gamme citons les marques Schminke ou Daniel Smith. La teneur en pigments est en général ce qui va déterminer la qualité de la peinture aquarelle.

Crédit : Vela Moric

Les pinceaux

Pour les pinceaux, l’idéal sont les pinceaux en poils naturels, mais si vous souhaitez l’éviter il y a aussi des poils synthétiques qui imitent le poil naturel. Évitez cependant les pinceaux en poils synthétiques durs. On peut commencer par deux pinceaux à lavis en poils d’écureuil « petit gris », un petit (taille 2|0) et un moyen (taille 3), par exemple de la marque Raphaël ou Da Vinci (à plus de 20€ l’unité c’est assez cher). Ajoutez un petit pinceau en poils de martre Kolinsky. Encore une fois, si vous le souhaitez vous pouvez regarder du côté des poils synthétiques de qualité imitant le poil naturel.

Autre matériel

Ajoutez un crayon HB, une gomme (d’écolier ou mie de pain), du sopalin, un chiffon, une palette supplémentaire surtout si votre boîte est petite pour réaliser les mélanges.

Les 3 fondamentaux : la maîtrise de l’eau et des pigments

Vous pourrez bien apprendre les différents niveaux de dilution de la peinture et les effets obtenus auprès de profs se spécialisant en aquarelle ou alors en dessin à l’encre : par exemple Stéphane qui donne des stages à Paris ou encore Ruben en peinture sumi-e à l’encre de Chine (le sumi-e c’est parfait pour découvrir les techniques aqueuses sans s’embêter avec la gestion des couleurs).

L’art de doser l’eau : la technique du « jus » vs. « crème »

Par rapport à la peinture à l’huile ou à l’acrylique qui restent relativement épaisses, l’aquarelle est un medium qui s’utilise très dilué. On parle de « jus » pour ce mélange de pigments et d’eau (et aussi du liant présent dans la peinture, la gomme arabique en général). Quand on utilise des godets en boîte on va mettre de l’eau dans le godet et on va attendre que la peinture se réactive. Quand on utilise des tubes on va mettre un peu de peinture sur la palette et ajouter de l’eau. Mais même avec les godets il vous faudra utiliser une palette (ou la boîte elle-même) pour faire vos mélanges.

En partant d’une teinte (la couleur pure dans un godet ou dans un tube) on peut obtenir un très grand nombre de valeurs, c’est à dire des couleurs plus ou moins claires, en ajoutant plus ou moins d’eau. Entraînez-vous en réalisant des nuanciers c’est à dire des feuilles qui présentent différentes couleurs/teintes, de leur valeur la plus foncée à leur valeur la plus claire.

Les termes utilisés : Les pigments peuvent donc être plus ou moins dilués à l’eau. On trouve des termes qui expriment cette notion de dilution, par exemple du plus dilué ou moins dilué : thé, café, lait, crème, beurre.

Une peinture très diluée est adaptée pour faire des fonds, tester des teintes, limiter les risques de se tromper, travailler sur la composition.

En ajoutant des pigments (ou en limitant la dilution) on peut davantage faire apparaître les contours et les ombres du sujet. On peut ajouter davantage de détails. Là on travaille avec des pinceaux plus petits : parce que les zones à couvrir sont en général moins grandes que quand on fais des lavis très dilués par exemple. On veut aussi garder davantage de contrôle quand on utilise de la peinture concentrée (car l’erreur pardonne moins).

Et à l’extrême on arrive à des consistances crémeuses : par exemple un volume d’eau pour un volume de peinture en tube. La peinture devient opaque un peu comme de la gouache, on s’éloigne de la transparence caractéristique de l’aquarelle.

Comprendre le cercle chromatique et les mélanges

En peinture le cercle chromatique positionne les couleurs sur un cercle dans l’ordre des couleurs de l’arc-en-ciel (en refermant le cercle au niveau des pourpres). Associé aux triangles des couleurs primaires (voir ci-dessous) le cercle permet aussi de comprendre les couleurs que donneront les mélanges.

Le cercle chromatique de Johannes Itten associe le cercle chormatique au triangle des couleurs primaires (jaune, bleu, rouge). On voit aussi les couleurs secondaires : vert, orange, violet

Le cercle chromatique permet aussi de déterminer les couleurs complémentaires l’une de l’autre. Ce sont celles qui se font face sur le cercle. Par exemple le violet est la couleur complémentaire du jaune primaire; la complémentaire du vert est le rouge. Mettre une couleur à côté de sa complémentaire crée un fort contraste, ce qui peut être un effet visuel recherché. Cela dit ces principes de couleurs complémentaires restent très subjectifs et ne doivent pas être l’alpha et l’oméga de la composition.

Mélanger deux couleurs primaires (par exemple le jaune et le rouge) donne une couleur secondaire (l’orange). Mélanger une couleur secondaire à une couleur primaire (par exemple l’orange et le jaune primaire) donne une couleur tertiaire (le jaune orangé en haut à droite sur le cercle ci-dessus).

Pour faire vos mélanges il est mieux de partir d’une palette propre. Vous pouvez recenser dans un carnet ou sur une grande feuille les couleurs que vous avez obtenues par mélange : les deux couleurs de base et le résultat (vous pouvez donner des indications du degré de dilution). Certaines personnes sont des tableaux de tous les mélanges possibles mais c’est fastidieux et pas forcément pertinent car certaines combinaisons ne seront peut-être pas intéressantes (avec 12 couleurs de base on peut obtenir 12 fois 11 mélanges divisés par 2 (on divise par 2 car sinon on a des doublons: mélanger jaune et bleu, c’est comme mélanger bleu et jaune), soit 66 couleurs + les 12 couleurs de base). Pour faire un carré on remplit avec une version claire et une version foncée de chaque mélange, soit 66 + 66 + 12 = 144 cases)

Un tableau de mélanges à partir de 6 couleurs : la diagonale qui va du haut gauche au bas droite donne les couleurs pures. A droite de la diagonale on a les mélanges dans leur version foncée et à gauche dans leur version claire – Source: Susan Chiang

Partez de la couleur la plus claire, puis ajoutez la couleur la plus sombre quand vous faites un mélange. Par exemple si vous voulez faire un vert, mettez du jaune sur votre palette et ajoutez le bleu par petites touches jusqu’à obtenir le vert désiré, et non l’inverse.

Concrètement, pour faire un mélange, prenez la première couleur dans son godet, avec la quantité désirée d’eau et déposez-la sur la palette. Rincez et essuyez votre pinceau puis prenez la deuxième couleur et posez la à côté de la première couleur sur la palette (ne mélangez pas encore). Avec votre pinceau, poussez la couleur la plus sombre vers la couleur la plus claire (vous amenez du bleu dans votre jaune par exemple), ajoutez de l’eau si besoin.

La gestion des blancs : anticiper la réserve de papier

En aquarelle traditionnelle on n’est pas censé avoir de peinture blanche permettant de recouvrir une zone déjà peinte pour la rendre de nouveau blanche ou pour donner au papier une couleur blanche éclatante. En effet l’aquarelle est par définition une peinture transparente, on verra toujours un peu ce qu’il y a en-dessous. Vous pouvez certes utiliser des peintures aquarelles opaques comme du blanc de titane, mais là on se rapproche de la gouache qui est un autre medium.

Pour avoir du blanc, la meilleure technique, bien que parfois difficile à mettre en application, est de ne pas peindre le papier ! Mais cela veut dire réussir à anticiper les endroits où l’on voudra avoir du blanc. C’est faisable pour les grandes zones blanches, mais plus difficiles si on veut du blanc pour les détails.

Si on veut créer des détails en blanc sur une zone qu’on vient de peindre et qui est encore humide on peut tamponner la zone en utilisant la pointe d’un chiffon et avec minutie, ou avec un pinceau propre et essoré. On enlèvera l’eau et les pigments même si on ne retrouvera peut-être pas le blanc initial du papier.

Techniques d’aquarelle incontournables (pas à pas)

Vous pouvez apprendre ces techniques dans un cours dédié à l’aquarelle, mais de tels cours peuvent être assez rares. Si vous ne trouvez pas de prof aquarelliste près de chez vous, regardez du côté des cours dits « multi-techniques » comme celui-ci dans le 11ème arrondissement de Paris ou encore celui-ci à Gif-sur-Yvette. Une autre manière de commencer doucement à pratiquer l’aquarelle est de prendre des cours de carnet de voyage : la mise en couleur se fait souvent à l’aquarelle, mais on travail en général sur de petites zones d’une couleur uniforme.

Le mouillé sur mouillé : pour des effets éthérés et des fusions fluides

Le mouillé sur mouillé consiste à ajouter un jus assez concentré en pigments sur une zone plus claire, déjà peinte, mais qui n’a pas fini de sécher (pas forcément de la même couleur). Le jus concentré va se diffuser dans la précédente couche non séchée créant des effets de diffusion, de flou et de fusion de couleurs. Cela nécessite pas mal d’expérimentations pour réaliser les effets que l’on souhaite.

Le mouillé sur sec : pour la précision et les détails

Le sec peut être soit le papier blanc non mouillé, soit une couche de couleur qui a déjà séché. Appliquer sa peinture sur du sec permet un meilleur contrôle et donc de réaliser des détails.

Le lavis : créer des aplats uniformes sans auréoles

Le lavis évoque des couleurs très claires, très diluées. C’est très bien pour peindre de grandes surfaces, mais comme il y a beaucoup d’eau il faut la diriger dans la direction où l’on souhaite continuer à peindre. On peut réaliser un lavis sur papier humide (les dégradés seront alors plus continus) ou sur papier sec (les pigments se diffuseront moins, on garde plus de contrôle, mais on perd l’aspect de transition douce et continue de la couleur).

Crédit : Vela Moric

Techniques texturées : le sel, le drawing gum et le grattage

Le sel

Après avoir déposé une couche de peinture, relativement concentrée, sur la feuille, déposez quelques grains de sels pour obtenir un effet rugueux. Attention, le séchage sera relativement long car le sel met du temps à sécher. Les effets obtenus sont dus aux propriétés hydrophiles du sel. Les grains de sel vont attirer à eux l’eau et donc aussi les pigments qui vont se concentrer autour d’eux. La taille des grains de sel et la quantité d’eau auront joueront sur le résultat obtenu.

Le fluide de masquage

En aquarelle il n’y a pas de peinture blanche, le seul blanc sur la feuille est le papier qui n’a pas été recouvert par de la peinture. Le fluide de masquage permet à la fois de conserver intacte une zone de papier et de réaliser des effets. On l’applique. Une fois sec on peut peindre dessus, puis le retirer, la zone aura ainsi été totalement préservée. On peut utiliser une gomme d’écolier ou une gomme crêpe pour le retirer délicatement.

Note: Le fluide de masquage est une substance à base de latex. Il est agressif pour les poils des pinceaux, utilisez-le avec des pinceaux synthétiques premier prix que vous nettoierez rapidement après utilisation. Vous pouvez aussi plonger les pinceaux dans une solution eau + liquide vaisselle avant de les plonger dans le fluide de masquage ce qui créera une couche protectrice protégeant les poils.

Le fluide de masquage permet de préserver des formes complexes et de peindre autour. L’artiste Louise De Masi décrit comment elle a utilisé le fluide de masquage pour créer la peinture de rhinocéros ci-dessous. Elle a appliqué une couche de terre de Sienne très claire sur le bas de la feuille. Elle a ensuite dessiné les hautes herbes au fluide de masquage. Puis elle a repassé une deuxième couche de terre de Sienne plus foncée sur le bas de la feuille. Enfin elle a enlevé le fluide de masquage. Les hautes herbes apparaissent avec la coloration claire du premier fond.

Source: Louise De Masi

Erreurs à éviter :

  • Être trop pressé.e et de pas attendre que le fluide de masquage soit sec, ou bien l’appliquer sur du papier encore humide.
  • Il ne faut pas trop tarder à le retirer une fois la peinture achevée.
  • Cela marche mieux sur du papier de bonne qualité.
  • Du fluide de masquage un peu trop vieux peut colorer votre papier.

Le grattage et le raclage

Le grattage permet de réaliser des effets de textures, des rehauts ou de réaliser des détails très fins. On utilise un outil très fin et acéré, par exemple un couteau très aiguisé ou un cutter. On peut gratter le papier encore humide de la couche de peinture : la peinture va pénétrer dans les traits de grattage, donnant une couleur plus foncée. Au contraire, si on gratte alors que la peinture est en phase de séchage on va soit révéler le blanc du papier soit racler la peinture (selon l’outil utilisé et la pression). Si l’on gratte alors que la peinture est sèche le grattage va révéler le blanc du papier.

Le raclage est un peu différent, on va l’utiliser sur du papier encore humide ou en phase de séchage, sans attaquer le papier, plutôt en déplaçant la peinture avec un outil non abrasif mais large (comme une carte plastifiée).

Le grattage doit être utilisé précautionneusement, le papier reste délicat et vous ne voudriez pas le fragiliser à l’excès voire le trouer.

Erreurs fréquentes : pourquoi votre aquarelle ne ressemble pas à ce que vous voulez ?

Comment éviter les auréoles indésirables ?

Note : une auréole se forme quand un surplus de peinture ou d’eau vient recouvrir une zone qui est en train de sécher. On cherche notamment à éviter les auréoles sur les zones qui devraient être relativement uniformes : pensez à un ciel bleu ou à la peau d’un visage.

Quand votre peinture commence à sécher et ne présente plus un aspect luisant, évitez d’ajouter de l’eau ou de la peinture. C’est à ce moment-là que vous risqueriez de créer des auréoles. Un papier de qualité a l’avantage de rester luisant plus longtemps et donc vous permet de travailler plus longtemps. Si vous devez travailler à côté d’une zone en train de sécher, évitez que votre pinceau ne soit détrempé, une goutte risquerait de tomber sur la zone et de créer une auréole. Essuyez-le sur un sopalin ou un chiffon pour retirer l’excès d’eau.

Souvent l’excès d’eau se concentre sur les bords d’une zone peinte et est susceptible de couler vers l’intérieur plus tard. Vous pouvez retirer l’excédent d’eau délicatement avec un pinceau légèrement humide.

Faites en sorte que le séchage soit homogène, c’est à dire que les zones sèchent en même temps. En séchant le papier tend à se gondoler ce qui peut inviter l’eau à migrer là où le papier a gondolé (c’est une bonne raison d’utiliser du papier à grammage élevé ou bien à tendre son papier aquarelle).

Pourquoi mes couleurs deviennent ternes au séchage ?

En aquarelle on cherche en général des couleurs vives et saturées (c’est à dire des teintes pures qui contiennent un minimum de blanc ou de noir). Vous pouvez obtenir des couleurs ternes si au cours de vos mélanges vous combinez des couleurs complémentaires (par exemple si vous mélangez des couleurs qui contiennent du bleu, du rouge, du jaune, vous allez obtenir une teinte grisâtre, même si vous ne les mélangez pas dans des proportions équivalentes).

Pour éviter cela, limitez le nombre de pigments que vous mélangez, évitez de mélanger une couleur avec sa complémentaire (celle qui se trouve en face sur la roue chromatique), faites des tests de mélanges en dehors de la feuille. Attention aussi, un jaune chaud peut contenir une touche de rouge. Si vous n’en êtes pas conscient et que vous mélangez ce jaune à du bleu, en réalité vous êtes en train de mélanger du jaune, du bleu et une pointe de rouge, soit les trois couleurs primaires : vous obtiendrez un vert terne.

Pour ne pas avoir de couleurs ternes, évitez de mélanger une couleur avec celle diamétralement opposée (sa complémentaire) – Source: Wikipédia

Plan d’entraînement : exercices pour progresser rapidement

Sur Haut Les Cours on adore proposer des cours de qualité dans plusieurs disciplines artistiques. Mais parfois on souhaite ou on est obligé de pratiquer seul.e. Voici donc quelques exercices en aquarelle.

Beaucoup de ces exercices proviennent du site web de Louise De Masi. Pratiquer 10 à 15 minutes par jour (voire moins) est suffisant pour ces exercices. L’avantage de ces exercices est qu’ils n’impliquent pas un résultat fini, ce qui enlève donc de la pression. Vous recherchez un stage d’aquarelle ? Voyez auprès de Vela : contactez-la pour connaître les prochaines dates si rien n’est indiqué.

Faites un simple lavis

Comme évoqué plus haut un lavis est une zone en général assez grande, peinte avec une couleur très diluée. Cela peut être un aplat (une seule couleur), un lavis dégradé ou gradué (où pour une couleur donnée on a une transition de la couleur pure à sa variante plus claire) ou encore un lavis mélangé (qui passe d’une couleur à une autre (comme un ciel au coucher du soleil).

De gauche à droite : aplat; lavis dégradé; lavis gradué – Source : danielsmith.com

Faire un aplat sur mouillé

Vous mouillez votre feuille avec de l’eau et ensuite vous appliquez la couleur. Le fait de mouiller le papier à l’eau préalablement fait que vous aurez davantage de temps pour appliquer la couleur uniformément sur la zone, avant que les premières portions ne sèchent. C’est donc une très bonne technique pour peindre de larges zones.

Il faut que l’eau initiale soit uniformément appliquée, on ne veut pas de flaques. Ensuite prenez le jus d’aquarelle avec votre pinceau, assez pour couvrir toute la zone (gardez en tête qu’il y a déjà de l’eau sur la feuille). Peignez avec des gestes toujours dans la même direction et limitez-vous à une seule passe. Parfois repasser au même endroit est contre-productif. Vouloir trop bien faire peut produire des résultats non désirés.

Faire un aplat sur sec

Cette fois on dépose la couleur directement sur le papier sec. C’est adapté pour des zones pas trop grandes. On maîtrise mieux la diffusion de la couleur que quand on peint sur mouillé (comme on ne vient pas appliquer la couleur choisie sur de l’eau qui va la diluer).

Dans votre palette obtenez le jus désiré et commencez à peindre, toujours avec des gestes allant dans la même direction. Si vous devez reprendre de la peinture sur votre pinceau, assurez-vous que le ratio peinture/eau soit le même que celui que vous avez utilisé pour les coups de pinceau précédents. Essayez de vous abstenir de repasser sur des zones déjà peintes car la peinture pourrait avoir commencé à sécher et vous risquez de dégrader le lavis.

Une couleur par jour

Choisissez une couleur, travaillez-la du plus transparent au plus foncé. Créez des contrastes. Essayez de « retirer » de la couleur alors que le papier est encore humide, en utilisant par exemple un pinceau propre et essoré. Travailler avec une seule couleur vous permettra de vous concentrer sur le comportement des pigments, sans vous préoccuper du mélange des couleurs.

Contrôler les bords

Choisissez une forme géométrique pleine simple : un carré, un triangle. Peignez-la sur du papier sec (pas seulement le contour de la forme, remplissez-la) de manière à ce que les bords soient bien définis. Puis peignez-la sur du papier humide : les bords devraient s’adoucir, être moins définis. Enfin peignez-la avec suffisamment d’eau de manière à ce que les bords se dissolvent.

Amusez-vous avec des formes simples

La peinture figurative (qui représente un sujet concret, une personne, un objet) ajoute de la pression. Prenez plaisir à peindre des séries de formes géométriques, des motifs abstraits. Travaillez sur sec et sur mouillé.

Contrôlez l’eau

Prenez quelques minutes pour voir comment votre pinceau interagit avec le papier, voici quelques exercices à réaliser successivement (choisissez une couleur) :

  • Pinceau humide sur papier humide.
  • Pinceau humide sur papier qui commence à sécher.
  • Pinceau quasiment sec sur papier qui offre une texture.

L’important est à chaque fois d’observer ce qui est en train de passer. Dans cet exercice, c’est vraiment l’observation fine plutôt que l’exécution qui importe. Il est également important d’observer suffisamment longtemps de manière à attendre que les pigments se stabilisent. Vous pouvez essayer avec plusieurs pinceaux.

Mouillé sur mouillé sur mouillé !

Pour bien comprendre voici les étapes :

  • Mouillez le papier avec de l’eau (1er mouillé)
  • Appliquez une première couche d’aquarelle (2ème mouillé)
  • Nettoyez votre pinceau puis appliquez une deuxième couche d’aquarelle (3ème mouillé)

On observe alors le summum en matière de diffusion des pigments. C’est sans doute un des exercices où vous pouvez faire le plus de tests et obtenir des résultats très variés.

FAQ : Vos questions sur l’apprentissage de l’aquarelle

Quelle est la première technique à apprendre en aquarelle ?

Le dosage de l’eau, qui conditionne tous les effets (jus, crème, fusions).

Peut-on faire de l’aquarelle sans savoir dessiner ?

Oui, en travaillant surtout la gestion des formes et des taches plutôt que le trait.

Comment corriger une erreur sur une aquarelle ?

En retirant délicatement le pigment avec un pinceau humide et un papier absorbant.

Combien de temps faut-il pour progresser ?

La régularité prime sur la durée : quelques séances courtes par semaine suffisent à voir des progrès.

Quel papier choisir pour éviter que le papier ne gondole ?

Un grammage d’au moins 300 g/m² est recommandé pour rester bien à plat.

Crédit de la photo de une : Vela Moric

L'auteur : Nicolas Lorach

Je suis le créateur du site Haut Les Cours. Passionné de pratiques artistiques, notamment l'improvisation théâtrale et le chant, j'ai décidé de créer un guide qui oriente les personnes désireuses de trouver le cours de leur rêve à Paris et au-delà.