Lieux et horairesTarifsOrganisation du cours
  • Théâtre de Ménilmontant, 15 rue du Retrait, Paris 20, M° Gambetta (Ligne 3):
    • Le mercredi de 20h à 23h

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  • 80 € / mois, (un engagement annuel est cependant demandé) + cotisation annuelle de 15 €

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Une dizaine d’élèves en règle générale; une présentation de textes devant public a lieu en janvier; une date de spectacle fin juin – début juillet.

On aime

  • Le travail sur les aspects corporels du jeu d’acteur
  • L’expérience d’Isabelle en commedia dell’arte et en théâtre de rue qui irrigue son enseignement
  • Un cours dans lequel les élèves sont motivés et en veulent
  • Verdict: un bon cours de théâtre à Paris 20, à mi-chemin chemin entre un cours loisirs et une troupe amateurs

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A la suite de Geneviève Taillade, la fondatrice de l’Atelier 11 à 13, Isabelle donne le cours de théâtre amateur de l’Atelier au Théâtre de Ménilmontant. L’approche d’Isabelle m’a beaucoup plu. Elle vient de la commedia dell’arte et du théâtre de rue. Cela explique sans doute l’importance qu’elle accorde au travail corporel de l’acteur et à l’extériorisation du jeu (qui sont essentiels dans ces deux types de théâtre). Cela est très précieux pour tous les élèves, mais pour les débutants en particulier, car lorsque l’on commence le théâtre on a parfois tendance à se focaliser uniquement sur le texte et la manière dont on le dit. Pourtant la façon dont on bouge et évolue sur scène est tout aussi importante. Isabelle considère aussi que la relaxation, et les capacités d’imagination et de visualisation sont essentielles à l’acteur et lui permettent de “jouer juste”.

Le travail sur le jeu corporel

Dans son cours de théâtre amateur, Isabelle insiste beaucoup sur les dimensions spatiales et corporelles du théâtre: un acteur ce n’est pas uniquement une voix qui dit un texte, c’est aussi un corps qui habite un espace. Cela vient sans doute de son expérience du théâtre de rue et de la commedia dell’arte, où elle a fait ses armes. En effet dans ces deux genres, l’acteur doit “jouer large” et utiliser pleinement son corps: dans la commedia dell’arte parce que les personnages sont caricaturaux (des maîtres, des valets…) et les situations tranchées; dans le théâtre de rue parce qu’il faut captiver les passants.

Auprès de ses élèves Isabelle prône donc “un jeu plutôt physique, qui s’extériorise en allant vers le spectateur, mais sans aller vers le sur-jeu.” Mettre l’accent sur l’aspect physique convient d’autant mieux aux comédiens débutants que ceux-ci ont souvent besoin d’avoir des choses à faire sur scène pour se sentir à l’aise. Isabelle veille donc à leur fournir de nombreuses indications en ce sens. Cela les aide également à comprendre que ce ne sont pas nécessairement les rôles avec le plus de texte à dire qui sont les plus intéressants.

Imagination, visualisation et relaxation

En général, un élève débutant a d’abord besoin d’indications de ton et de diction pour jouer une scène de manière juste. Mais il ne faut pas oublier qu’il a également besoin d’indications pour construire un imaginaire de la scène, pour la visualiser et ressentir son atmosphère. Et c’est sur ce point que l’apport d’Isabelle est très intéressant. Elle fait faire de nombreux exercices de visualisation et de relaxation afin de rendre les élèves disponibles à l’instant présent et à ce qui se passe autour d’eux: “un corps détendu est beaucoup plus facile à mobiliser pour un comédien” me dit-elle.

L’appréhension de l’espace est importante. J’essaie de faire visualiser l’espace scénique comme un espace imaginaire dans son entièreté. Mais cet espace imaginaire ne s’arrête pas à la scène. Si la scène se déroule dans un café, ce café est-il à Paris, dans le nord de la France, autre part? Il est important d’avoir cette information en tête pour la justesse de la scène.

Cet accent sur la visualisation peut être rattaché à la méthode Stanislavski qui tient une part active dans le travail d’Isabelle, notamment à travers les exercices de visualisation imaginaire de l’espace et des sensations. Elle me propose cette citation de Stanislavski: “Souvenez-vous que je n’accepte que trois façons de jouer: 1) Le contact direct avec un objet scénique,et,à travers cet objet,avec le public; 2) Le contact avec soi-même; 3) Le contact avec un objet absent ou imaginaire.”

Davantage qu’un cours de théâtre loisirs

Le cours de l’Atelier 11 à 13 au Théâtre de Ménilmontant est un cours amateur tous niveaux. Après avoir discuté avec Isabelle et assisté à une séance, j’ai trouvé que, sans que l’on puisse parler d’une véritable troupe amateurs, il s’agissait d’un enseignement qui allait un peu plus loin qu’un cours loisirs standard.

Par exemple elle propose en général une présentation de scènes en public dès janvier (l’année dernière ils ont joué Un petit jeu sans conséquences). Cela permet de ne pas attendre la fin de l’année pour se confronter à un public et de commencer à travailler sérieusement dès l’automne. Par ailleurs pour préparer les spectacles, Isabelle organise (et ses élèves lui demandent) des séances de répétition supplémentaires.

L’année dernière le spectacle de fin d’année était un montage de scènes sur le thème “Famille je vous haime”. Les scènes étaient issues des pièces suivantes: Le cas Sneijder de Jean-Paul Dubois, Un air de famille de Jaoui et Bacri, Le Malentendu de Camus, 5 filles couleurs pêche d’Alan Ball, La reine de beauté de Leenane de Martin Mc Donagh, La Crise de Coline Serreau, Le Malade imaginaire de Molière.

présentation de scènes théâtre amateur
Le spectacle “Famille je vous haime”, un déjeuner de famille tendu peut-être?

Hors le spectacle de fin d’année, les textes travaillés dans l’année incluaient : Le renard et la grenouille de Sacha Guitry, Un petit jeu sans conséquence de Gérald Sibleyras, Les caprices de Marianne de Musset, Le songe d’une nuit d’été de Shakespeare, Ring de Léonore Confino, Orgasme adulte échappé du zoo de Dario Fo et Franca Rame, des haïkus et des poèmes.

Si le nombre d’élèves et les profils le permettent, Isabelle aime travailler des pièces complètes, mais cela s’avère souvent plus compliqué à monter qu’un florilège de scènes.

Lors du cours de rentrée auquel j’ai assisté, les profils des élèves étaient très divers, en termes d’âge comme d’expérience théâtrale. Cela m’a permis d’avoir un aperçu de la pédagogie d’Isabelle. Quelques exercices d’échauffement et de relaxation; des marches dans l’espace accompagnées d’exercices de visualisation et de connexion avec les partenaires… Ce jour-là était également présente Geneviève Taillade qui assure quelques séances dans l’année, en particulier autour de la voix, de la diction et du chant. Elle nous propose quelques exercices vocaux et des virelangues (l’équivalent des tongue-twisters anglais) plus ou moins retors, afin de travailler l’élocution. Ensuite viennent quelques improvisations à dominante verbale (sur le thème du “procès du Grand méchant loup” avec juge, avocats et témoins) ou spatiale (des personnes qui promènent leurs animaux de compagnie dans un parc).

Isabelle a également un grand respect du comédien amateur. L’objectif n’est pas de mettre en avant les plus à l’aise où les plus doués en leur réservant les beaux rôles pour le spectacle de fin d’année. Selon elle, chacun doit avoir droit à au moins une belle scène, quel que soit son niveau. Les scènes montées sont très diverses et balaient la plupart des genres et des thématiques. Du côté des auteurs de prédilection d’Isabelle on trouve Musset, Tchekhov, Courteline, Feydeau, Dario Fo, Roland Dubillard, Louis Calaferte, Guy Foissy, Wajdi Mouawad…

L’apport de la commedia dell’arte… et du théâtre de marionnettes

Durant l’année, Isabelle aime beaucoup faire travailler ses élèves à partir de la commedia dell’arte. Il s’agit d’un genre qui met en scène des personnages stéréotypés (des valets, des amoureux, des vieillards….) dans des scènes non moins stéréotypées. C’est donc un bon exercice pour extérioriser son jeu et prendre ses marques dans des situations claires et tranchées (une vidéo de Arlequin, valet de deux maîtres, pour comprendre ce que veut dire extériorisation en commedia!). On peut aussi la pratiquer avec des masques. L’année passée Isabelle a consacré deux séances au masque. Elle aimerait d’ailleurs présenter avec ses élèves quelques scènes masquées durant un futur spectacle de fin d’année.

Isabelle est également marionnettiste et créatrice de marionnettes (elle a suivi des stages auprès de Ulrike Quade). Quand je lui demande si cela influence son enseignement du théâtre, elle me dit que cela doit être le cas inconsciemment. Pour elle, la marionnette peut notamment traiter de sujets que le théâtre aurait plus de mal à aborder (elle me parle par exemple d’un spectacle de marionnettes sur les enfants-soldats). Mais ma question lui inspire la phrase suivante, que je trouve intéressante pour comprendre sa pédagogie: “Je viens d’un théâtre où l’on voit la machinerie, où les choses ne sont pas planquées derrière des décors factices”.

Je viens d’un théâtre où l’on voit la machinerie, où les choses ne sont pas planquées derrière des décors factices.

Également sur Haut Les Cours: pour un autre cours de théâtre qui met l’accent sur le travail corporel, il y a celui de Paul Francesconi, ou bien les cours d’improvisation théâtrale de Caspar Schjelbred. Et sinon il y a toujours les très bons cours de Dorothée Moreau.

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